Une nuit normale sur la côte d'Azur
22h15, entre le vendeur de Churros et l'Africain qui vend son artisanat de girafes, la veillée bat son plein. Les chorégraphies sur des musiques variées (louange, rap, worship, irlandaise...) alternent avec des témoignages, de l'annonce kérygmatique directe et des chants. « Je veux me réjouir dans le Dieu de mon Salut », les 20 jeunes de l'équipe chantent et dansent à fond... il y a de la joie ! une femme s'arrête net et éclate en sanglots : alcoolique, désespérée et tentée par le suicide, elle est saisie par la joie qui émane du groupe et espère en un bonheur qu'elle entrevoit possible.
0h30 derrière une boite de nuit, deux soeurs prient pour Lucie sur le sable pour qu'elle rencontre Jésus, elle qui se disait quelques minutes auparavant « polythéiste »... 2 gars déboulent : « on est avec une trentaine de potes, on voudrait vous parler ».
Clair de lune sur la mer, le groupe hurle sur fond de guitare sèche, on fait à peine quelques pas vers eux que tous se lèvent et nous entourent. Jeunes normaux: tous avec leur bedo (joint) et leur bouteille de coca (bien coupé avec du whisky) ; les questions fusent. Providentiellement, 12 jeunes de notre groupe nous rejoignent à cet instant. Quelques minutes après, ça parle de Dieu en petits groupes et les pôles de prière commencent. Jean François, dont le visage est recouvert d'une quarantaine de piercings, veut rencontrer Jésus, il nous emmène à part et on prie, il est bouleversé par la délicatesse de Dieu qui vient à lui, lui qui vit dans un squat d'une banlieue de Marseille depuis l'âge de 14 ans.
Pendant ce temps, le Seigneur continue d'agir dans le groupe qui s'est élargi par d'autres jeunes assoiffés de Dieu, ça prie à droite à gauche, les chants de Tryo alternent avec des chants au St Esprit... irréel ? non : nuit tout à fait normale pour les missionnaires du Var.
Chaque soir, des jeunes de ce groupe nous interpellent, travaillés par la grâce. Laurent, teufeur percé habitué des free-parties, écoute la soeur qui parle du bonheur. « Qu'est-ce que tu voudrais demander à Dieu ? » - « plus d'amour » - « est-ce que tu veux rencontrer Jésus ce soir ? » - OUI. La présence de Dieu est sensible. « J'ai envie de pleurer... pourquoi je tremble alors que j'ai pas froid ? C'est quoi cette impression d'être rempli à l'intérieur du coeur ? ».
1h30 du matin, Sonia 23 ans, bedo à la main, explose en larmes entre 2 soeurs de Murinais : « ma vie est une merde... est-ce que si je me suicide, je vais en enfer ? ». Désespérance totale. « Dieu veut te rencontrer ce soir Sonia », elle ouvre les mains, on prie. A travers ses sanglots, elle murmure : « je crois ». Peu à peu, la paix s'installe, Sonia perçoit qu'un nouveau chemin s'est ouvert devant elle.
Chaque nuit, cela recommence, dans une dizaine de lieux différents du diocèse de Fréjus-Toulon (depuis 16 ans!). Les équipes se sont relayées entre le 6 juillet et le 21 août. Une cinquantaine de jeunes y ont participé, venant de toute la France, ainsi que des séminaristes.